
Né en 1921 à Lille, élève brillant, Robert Lefebvre devient très vite comédien amateur grâce à son père comédien et journaliste, puis entre au Conservatoire d'art dramatique. En 1944, engagé volontaire dans l'armée française, il participe à la libération de Paris, puis entre au Ministère du Travail.
Débutant comme reporter en locale à La Voix du Nord en 1946, puis adjoint au chef des informations de nuit, il crée en 1959, le premier service des relations publiques de la presse,
il crée en 1959, le premier service des relations publiques de la presse, organisant de grandes opérations pour le journal, comme les tournées d'été sur le car-podium de La Voix du Nord. Ses relations privilégiées avec les artistes lui permettront d'accueillir des vedettes de renom telles que Raymond Devos ou Annie Cordy.
Parallèlement au journalisme, il anime en tant que producteur des émissions de radio, dont « Concerto en Sol Natal », où il reçoit des artistes originaires du Nord afin de promouvoir cette région qu'il aimait tant. Homme de télé, il débute en 1953, avec Jacques Navadic et Thérèse Leduc , du haut du beffroi de Lille, dans « Rendez-vous du beffroi », émission dans laquelle il reçut notamment Jacques Brel. Dans les années 60, il produit avec Pierre Célie, « Les copains du Samedi » où de futures vedettes comme Claude François firent leurs débuts.
Comédien, il apparaît dans un Maigret ou dans « Maria Vandamme ». Son dernier rôle fut celui du « Veilleur de nuit »,un téléfilm réalisé pour France 3.
Robert fut toujours passionné de patois. Aux gens qui lui disaient « Le patois, c'est vulgaire » ,il répondait :ce n'est pas le patois qui est vulgaire, ce sont les gens qui l'emploient.
En 1966, un groupe célèbre voit le jour : les Capenoules (petits brigands, en patois) et dont font alors partie Roger Frézin ou Mimi Ducherloque. Ils chantent en patois et font les joyeuses soirées de Lille et des environs. Avec Pierre et Michel Célie, Robert lance les Editions Déesse et décide d'enregistrer les Capenoules. Le succès est fulgurant : sept albums sont enregistrés, avec des chansons tirées du folklore ou composées par Jack Defer sur des textes de Robert ou des frères Célie. Une voix va émerger du groupe, celle de Francis Delbarre, rebaptisé par l'équipe Raoul de Godewaerswelde.
En télé, Robert anime des émissions où s'expriment les patoisants du Nord-Pas de Calais, et assure la promotion de nombreux évènements comme la revue patoisante de Boulogne sur mer avec Ch' Guss et Jean Jarett . Avec son ami Olivier Montels, il accueille Renaud à l' Hospice Comtesse lors de la sortie de son CD « Renaud cante el' Nord ». Il crée l'émission « Le p'tit café du Samedi » présentée par sa fille Isabelle qui réunissait de nombreux patoisants de tous bords
A la Maison du Terroir, place aux Oignons, avec son épouse Nelly, il va développer de nombreux articles « Ch'ti ».Ils mettront en place aussi une exposition sur l'auteur du P'tit Quinquin, Alexandre Desrousseaux, à travers les dessins de Roland Cuvelier.
Pendant de nombreuses années, Robert a caressé un rêve : faire entrer le patois dans les églises. En 1993, au hasard d'une rencontre avec Mgr.Vilnet, alors évêque de Lille, ce rêve devient réalité. Le premier Noël en Ch'ti a lieu à l'église Saint-Pierre Saint-Paul de Wazemmes, rassemblant les textes et les chansons d'une vingtaine de poètes patoisants sur le thème de la Nativité. L'église est bondée, l'événement est un succès filmé par TF1, France 2 et des cassettes sont éditées par France 3. La manifestation est au rendez-vous depuis 11 ans donnant envie à d'autres patoisants de la relayer dans le Pas de Calais.
Il nous a quittés en Janvier 2004. Merci Robert !
Guy Dubois
(avec les éléments fournis par son fils, Emmanuel Lefebvre)
Si té veux in savoir plus, lis La Voix du Nord du 11.12.2011. Rubrique « Parlaches »
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